portrait

Siannan et le Cercle de Sequana

par Dorian

extrait du magazine Lune Bleue n°2 - Yule 2008


Comme son nom le laisse supposer, le Cercle de Séquana est un groupe parisien, qui existe depuis plus d’un an. Siannan, une jeune femme sérieuse et compétente est l’une de ses animatrices. Elle a accepté de nous parler du cercle.

Siannan, as-tu participé à la création du Cercle, et comment est-il né?

L'initiative de la création de ce cercle est venue de Naryendë, qui suivait les cours de Morgane la Fée. Celle-ci avait encouragé ses élèves à organiser des cercles de rencontres locaux trans-générationnels. Je ressentais également l'envie de rencontrer des personnes pour discuter de vive voix.
Nous avons donc décidé de créer des rencontres régulières pour échanger nos idées autour d'un thème prédéfini plutôt d'inspiration wiccan-druidique. Les rencontres sont conviviales et ouvertes à tous et toutes, de toutes traditions. Il n'y a pas de "membres", toute personne souhaitant participer ponctuellement est la bienvenue !

Le nom de Cercle Séquana a été adopté au cours d'une des premières rencontres, sur proposition et acceptation unanime des participants.
Après quelques rencontres, nous avons décidé d'enrichir les discussions de petits exercices de groupes.

Quel est la fréquence de réunion du cercle ?

Les rencontres sont mensuelles. Nous les avons fixées arbitrairement au 3° samedi du mois, sauf impossibilité de la part des organisateurs.

Comment se déroule généralement une séance du cercle ?

Les rencontres ont lieu soit dans un parc, soit dans un café si le temps n'est pas favorable à une rencontre en plein air.
Le rendez-vous à 15 h. On commence par un rapide tour de présentation des participants.
Puis on discute autour du thème prédéfini. J'essaie toujours de faire participer tout le monde. Même si l'on ne connait pas grand chose au sujet, on a toujours des idées intéressantes !
Les participants sont également encouragés à amener des textes, méditations, ou autres exercices de groupes à partager. La qualité des rencontres dépend beaucoup des participants !
Lors des discussions, je prends des notes et je rédige un compte rendu de chaque rencontre qui est visible sur notre blog. Ça permet d'avoir un souvenir de la rencontre, des différentes idées et réflexions abordées. Les personnes qui seraient tentée de venir pour la première fois peuvent ainsi se faire une idée du type de discussions du groupe.

Il me semble avoir constaté que le cercle se réunit dans un lieu public. Comment vous accommodez-vous de cette contrainte ? Est-ce vraiment facile à Paris, de trouver un endroit discret ?

Au début nous nous rencontrions dans le parc de Bercy, qui est assez fréquenté le samedi après-midi. Cela ne posait aucun problème lors des discussions, par contre lorsque nous avons pratiqué des méditations, c'était parfois difficile de se concentrer. Les gens ont dû nous regarder bizarrement lorsqu'une fois nous nous sommes mis en cercle debout et avons chanté un "Awen"!
Mais personne ne nous a jamais fait de réflexions, il y a juste une personne une fois qui semblait intéressée et a demandé des renseignements sur nos pratiques.
Nous pensons qu'il ne faut pas se cacher, qu'il est bon au contraire, sans être prosélyte, de montrer que nous existons.
Nous avons trouvé depuis un coin très sympa dans le bois de Vincennes, une petite clairière dans la forêt qui est plus propice à la pratique. On n'est pas caché, il y a parfois des personnes qui passent, mais on a jamais été dérangés.
J'aime beaucoup le fait de se réunir dans la nature (enfin telle qu'on peut la trouver à Paris...).
Les parisiens passent souvent leur temps en intérieur et manquent de contact avec la nature.
J'appréciais le contact avec le temps frais de l'automne, qui faisait bien plus partie de la vie de nos ancêtres que de la nôtre. Cependant, au cœur de l'hiver, il a fait vraiment froid, et il est devenu franchement désagréable d'être dehors. Nous nous sommes alors réunis dans un café.
J'aime moins les réunions dans les cafés : on ne peut pas pratiquer d'exercices, et le groupe, au lieu d'être disposé en cercle se retrouve le long de tables allongées. On ne s'entend plus bien, et le groupe a tendance à se diviser pour mener plusieurs conversations en parallèle.
C'est cependant une solution de repli en cas de mauvais temps, toujours meilleurs que l'annulation de la rencontre.

Comment le thème de la séance est-il choisi ? Peux-tu nous donner quelques exemples de thèmes que vous avez traités ?

C'est généralement moi qui choisis les thèmes. J'essaie de voir quels thèmes plairaient aux participants, je mets des sondages sur les blogs et forums, mais j'obtiens très peu de réponses !
Il y a eu plusieurs cycles de rencontres : sur les éléments (feu, air, terre, eau), sur les formes de la Déesse (jeune fille, mère et vieille), sur le Dieu, sur les différents mondes (minéral, végétal et animal), et enfin une rencontre sur la perception et interprétation de la réalité.

Y a t-il eu des thèmes ou des moments qui t'ont plus particulièrement marquée?

J'ai beaucoup de bons souvenirs liés à ces rencontres !
Il y a certains thèmes qui m'attiraient beaucoup et que j'avais déjà étudiés, comme La Vieille et Les Déesses Sombres, et que j'ai aimé partager. D'autres thèmes m'ont réellement appris des choses. Autour du thème des pierres, nous avons fait une méditation avec une pierre. J'avais déjà essayé ce genre d'exercices il y a quelques années, mais je n'avais pas ressenti grand chose. Cette fois j'ai ressenti de façon intense un contact avec l'énergie de la pierre. Une personne du groupe a rapidement lâché sa pierre. Je craignais qu'elle n'ait pas réussi l'exercice, mais quand nous avons partagé nos expériences, elle m'a expliqué que la pierre lui avait gelé la main et qu'elle avait dû couper le contact ! Il s'agissait d'un morceau de granit.
Je garde également un très bon souvenir de la rencontre autour du Dieu. Je ne me sentais pas proche du Dieu, et n'avais donc pas prévu d'abordé ce thème. C'est un des participants qui l'a demandé et s'est proposé d'animer la rencontre. J'ai découvert une nouvelle façon de percevoir le Dieu, bien différente des souvenirs chrétiens que m'évoquaient ce mot.
Au cours de la rencontre sur l'élément eau, une personne a proposé à chacun une divination avec un bol d'eau. Elle m'a dit qu'elle sentait en moi une énergie de prêtresse qui gagnerait à être développée, et je dois dire que ça m'a encouragé dans mon rôle d'organisatrice du Cercle Séquana !

Globalement, quelle expérience as-tu tirée jusqu'à présent de ta participation en tant qu'animatrice du Cercle de Séquana ?

C'est une expérience extrêmement enrichissante. La préparation des rencontres me donnent l'occasion d'approfondir les différents thèmes.
J'avais tendance à être passive et timide. Le fait de devoir organiser ces rencontres m'a donc beaucoup aidé sur un plan personnel.
J'ai aussi eu l'occasion de rencontrer beaucoup de gens fort sympathiques et de passer de bons moments !

Est-ce que tu encouragerais à tenter cette expérience et quels serait tes conseils pour celui ou celle qui voudrait se lancer dans cette aventure ?

C'est une expérience que je conseillerai à ceux et celles qui souhaitent approfondir leur spiritualité.
Beaucoup de gens se plaignent qu'il n'y a pas de rencontres près de chez eux. A Paris, nous avons la chance d'avoir une forte densité de population et donc de païens, mais il faut prendre l'initiative d'organiser des choses !
Ça demande une certaine rigueur : il faut prévoir un thème à l'avance, passer des annonces sur différents forums, et ce tous les mois.

Comment vois-tu l'avenir du cercle ?

Je suis un peu préoccupée par l'avenir du cercle. Je vais être très prise professionnellement à partir de septembre, et je crains de ne plus avoir le temps de m'en occuper. D'autre part, ça fait un an que j'organise les rencontres du Cercle Séquana, et je sens que je commence à avoir fait le tour des grands thèmes qui me passionnaient. Je pense qu'il serait bon que quelqu'un d'autre se charge de l'organisation, et y insuffle un peu de renouveau.

J'aimerais maintenant que nos lecteurs puissent te connaître un peu mieux ! Peux-tu nous parler de ton parcours spirituel ? Les rencontres marquantes que tu as pu faire et/ou les différentes étapes qui ont jalonnée jusqu'ici ta route ?

Je viens d'une famille plutôt catholique, mais mes parents sont très peu religieux. Ils ont décidé de me laissé choisir mes convictions religieuses et je n'ai pas été baptisée à la naissance.
J'ai été dans une école primaire catholique, choisie plus pour sa qualité que sa confession, où j'ai suivi des cours de catéchisme.
Je suis entrée ensuite dans un collège public. Fini le catéchisme. A la période de l'adolescence, je fréquentais beaucoup les bibliothèques, et j'ai lu de nombreux livres sur diverses religions. Le christianisme n'avait alors plus aucun sens pour moi. J'ai découvert l'hindouisme, le bouddhisme, et enfin le druidisme. J'ai été particulièrement attirée par ce dernier. L'idée de renouer avec la nature et les saisons, ainsi que les méditations guidées me plaisaient beaucoup.
C'est à l'âge de 18 ans, lors d'un séjour prolongé en Irlande que j'ai découvert, encore dans une bibliothèque, le livre de Starhawk Spiral Dance. Ca a été un véritable déclic pour moi.
De retour en France, j'ai découvert un livre qui présentait la Wicca, dans lequel je retrouvais les principaux éléments qui me tenaient à cœur. J'ai également eu alors accès à internet qui m'a permis de trouver de nombreuses informations et commencer à échanger sur des forums païens. C'est à ce moment que j'ai réellement commencé ma pratique et célébré les saisons.
Deux ans plus tard, j'ai rencontré d'autres païens se réunissant à Paris. C'était fantastique de pouvoir enfin rencontrer des personnes qui partagent les mêmes croyances, et de pouvoir ritualiser en groupe !
J'ai également découvert d'autre croyances et pratiques. Par exemple, j'honorais la Déesse et le Dieu, et les mythologies me parlaient peu. J'ai appris au contact de certaines personnes à interpréter les mythes, et à mieux connaitre certaines Divinités. Maintenant je m'adresse plus spécifiquement à une divinité, souvent du panthéon celtique qui m'a toujours attiré, mais aussi parfois des panthéons grecs ou nordiques.
J'ai aussi découvert les "voies de la Déesses", qui m'ont beaucoup aidé à mieux vivre ma féminité.
Depuis deux ans, je célèbre les sabbats avec un groupe de femmes avec qui je me sens en réelle harmonie. C'est un grand bonheur !

Quelles sont tes principales sources d'inspiration ? As-tu un ou plusieurs auteurs préférés dans ta bibliothèque Païenne ?

J'ai diverses sources d'inspirations. Les principales sont le druidisme, la wicca et le reclaiming. Je suis très ouverte aux autres sources d'inspirations que je découvre au fil des rencontres et de mes lectures. C'est ainsi que je me suis intéressée à l'hellénisme et la religion Asatru.
Mes auteurs préférés : Starhawk initiatrice du mouvement "reclaiming", Mara Freeman et son célèbre livre Vivre la tradition celtique au fil des saisons, Michelle Skye auteur de Goddess alive! : Inviting Celtic & Norse Goddesses into Your Life.

Je crois savoir que tu joues de la harpe. Est-ce une simple passion? La pratique de cet instrument est-elle un élément prépondérant de ta quête spirituelle ?

Je ne considère pas vraiment la harpe comme une pratique spirituelle, mais il faut reconnaitre que ça n'en est pas très loin. Depuis 3 ans je me suis spécialisée dans la harpe celtique, et je joue de la musique celtique, ancienne et traditionnelle sur une harpe de type clarsach (harpe traditionnelle écossaise). Je joue également de la musique avec des amis rencontrés dans des groupes païens. J'aimerai beaucoup jouer lors d'un rituel de groupe en forêt, mais je ne l'ai encore jamais fait, surtout pour des raisons pratiques.

Quelle est la place de ta spiritualité dans ta vie quotidienne ?

J'essaie de l'intégrer dans ma vie de tous les jours. Je m'oblige par exemple à accorder de l'attention à mon intuition, je prie les divinités, leur demande de l'aide lorsque j'en ressens le besoin.
Je prête attention aux cycles et aux saisons. Ça se voit notamment dans ma façon de m'habiller ou sur mon autel.

As-tu des projets, à court ou moyen terme, qui te tiennent à cœur ?

Parvenir à conserver et concilier mes pratiques païennes et mon développement professionnel !

Quelques mots pour conclure cet entretien !

Merci pour cet entretien et l'initiative de ce magasine.

Je remercie également tous ceux qui ont participé aux rencontres du Cercle Séquana !

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