The Wicker Man

projection du film The Wicker Man Cantada II vous convient à la (1973) de Robin Hardy, vendredi 10 février

The Wicker Man, de Robin Hardy avec : Edward Woodward, Christopher Lee, Diane Cliento, Ingrid Pitt, et Britt Ekland. Bande son de Paul Giovanni


Film culte tant par son sujet que par sa bande son Folk Païenne, The Wicker Man est un des meilleurs films anglais selon le British Film Institute.
Il raconte l'histoire d'un policier puritain qui part enquêter sur la disparition d'une jeune fille sur un île peuplée de néo-païens, fêtards, joyeux, libertins et mystérieux se préparant à fêter le premier mai...

La thématique de la confrontation entre le policier puritain et la tribu néo-païenne, ses dialogues cultes, son ambiance sulfureuse, son scénario ambigu et sa musique unique, en font un film unique qui a inspiré plusieurs autres artistes.

The Wicker Man est un film d'épouvante, mais également un film qui compare les religions.
C'est certainement un des meilleurs films sur les religions avec le magnifique film de Jack Tourneur "I walked With a Zombie" alias "Vaudou". Bref un film qui fait peur mais qui fait aussi réfléchir.

Le film oppose sans les dénigrer deux points de vues, celui du policier anglais (Edward Woodward), chrétien, puritain, animé par un esprit de loi et de vérité, et celui du prêtre païen (Christopher Lee), leader spirituel d'une communauté païenne fantastique, animée par un esprit tribal de solidarité, de plaisir, et de mystère et liée à la nature par des rituels saisonniers.
Ce film permet de réfléchir à ce que serait une communauté païenne contemporaine et aux relations conflictuelle entre une pensée basée sur le devoir et une pensée basée sur le plaisir.

Pour reprendre les mots du prêtre païen au policier chrétien: "You'll simply never understand the true nature of sacrifice. " (Vous ne comprendrez tout simplement jamais la vraie nature du sacrifice)

Le scénariste, Anthony Shaffer, est très connu à l'époque dans le monde anglo-saxon comme auteur de théatre et écrivain de policiers. Il a scénarisé avant "The Wicker Man" deux autres films très connus: "Le Limier"de Joseph L. Mankiewicz et Frenzy de Alfred Hitchcock. Il s'agit de deux films pièges, des films jeux où le héros part à la dérive sans comprendre.

Robin Hardy, le réalisateur, voit sa carrière culminer avec "The Wicker Man", il est connu pour ses centaines de documentaires typiques des années 70 sur le théâtre Bunto ou les religions comparées, documentaire qu'il fera souvent en compagnie de Anthony Shaffer.

On ne présente plus Christopher Lee, que tout le monde connaît sous les traits de Saroumane dans la trilogie "le Seigneur des Anneaux" de Peter Jackson tirée du best-seller international de Tolkien.
Christopher Lee dit que son rôle dans "The Wicker Man" est le meilleur de toutes sa carrière, on dit même qu'il aurait tourné ce film gratuitement.
Il avait déjà rencontré Anthony Shaffer car il devait jouer dans une adaptation d'un livre de cet auteur, "Absolution", un film dans lequel un prêtre confesse un futur meurtrier mais ne sait pas s'il doit le livrer à la police à l'encontre du secret, mais finalement ce sera Richard Burton qui jouera ce rôle.

Edward Woodward est alors très connu pour son rôle dans la série télévisée Callan où il joue un tueur à gage des services secrets, et ensuite on le verra dans Equalizer, série dans laquelle il joue un ancien tueur des services secrets qui tente de se racheter en aidant les plus démunis.

Enfin il y a Britt Ecland, qui a tourné alors avec Vittorio de Sica dans "Les neufs vies du Renard" et qui se mariera ensuite avec Peter Sellers, l'acteur qui incarne le docteur Folamour, et surtout l'inspecteur Clouseau dans "La Panthère Rose". Avec lui elle tournera "The Bobo" et enfin elle sera une James Bond Girl dans "L'Homme aux Pistolets d'Or".
Elle épouse ensuite Rod Stewart qui décide de racheter toutes les copies de "Wicker Man" dans lesquelles on voit sa femme nue... si vous êtes venus à notre projection vous aurez vu une copie qui a échappé à sa vigilance!

Il faut parler aussi de Paul Giovanni : Il s'agit du dramaturge et musicien New Yorkais qui a eu le rôle de composer et diriger la musique du "Wicker Man", c'est sûrement le rôle le plus important de toute sa carrière.
Paul Giovanni a dû créer une musique qui soit une musique folklorique, mais qui soit en accord avec la thématique du film, et qui fasse peur.
Il a donc utilisé des chansons folkloriques traditionnelles anglaises et écossaises, qu'il a d'abord traduites en anglais contemporain et dont il a modifié la mélodie pour avoir des chansons plus lentes, mettant l'accent sur le chant et pour y intégrer une rythmique sourde, quasi-militaire, qui suivra le spectateur dans tout le film, le rythme d'une procession ou d'une mise à mort.
Cela donne une musique Folk aux paroles ambigües et païennes et à la musique lente et quais-militaire, ce qui n'est pas sans laisser penser aux travaux de la scène Pagan Folk contemporaine, comme Faun ou Omnia, mais aussi aux travaux Dark Folk ou néo-Folk de groupes comme Ataraxia, les français Stille Volk, Sol Invictus ou la période néo-Folk de Death In June.

Les musiques et chansons du "Wicker Man" sont particulièrement belles et entraînantes, vous pourrez les trouver facilement sur Youtube (en tapant Wicker Man 1974 par exemple), et vous trouverez toutes les paroles et l'histoire de leur composition sur cette page: http://www.wicker-man.com/musicofthewickerman.php.

Tous les films de Anthony Shaffer ont la même thématique, une sorte de jeux d'échecs, jeux de miroirs, jeux intellectuels dans lesquels le héros est toujours ballotté, ne comprends pas ce qui lui arrive et finalement doit passer à travers de multiples épreuves pour devenir lui-même.
Dans "The Wicker Man" l'histoire est simple, il y a le bon, le flic anglais et puritain qui vient chercher une petite fille disparue, et le méchant, le prêtre païen qui veut faire des sacrifices humains. Mais au bout du compte on découvre que le prêtre païen est peut-être plus juste et plus humain car lui est tolérant et accepte que les autres ont peut-être raison.

Pour ceux qui ont vu le film, le film laisse le spectateur penser aux terribles dangers du dogmatisme religieux, que ce soit celui des chrétiens mais aussi celui des païens. Mais au delà de cela on peut y déceler aussi une réflexion sur le sacrifice, que ce soit l'eucharistie chrétienne ou "un plus terrible sacrifice".

Deux extraits :
L'arbre de mai
Rituels au milieu des pierres levées

remerciements au bar la Cantada II qui a accueilli cette projection.

liens :
- une critique intéressante du film
- paroles des chansons du film (en anglais)
- vidéos d'extraits

Commentaires

1. Le lundi 6 février 2012, 09:54 par alex

bonjour,
J'aurais une bonne demie-heure de retard. Esct-ce gave ?
amicalement,
alex alias Xela

2. Le lundi 6 février 2012, 13:47 par Siannan

viens quand tu peux !

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